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L'abbé Guerner vient de prendre sa retraite, une retraite bien méritée après tant d'années pendant lesquelles chacun, croyant ou non, a pu apprécier sa gentillesse et son dévouement.

Après le presbytère d'Amance, transformé en école, celui de Laître où il habitait restera vide et sera à son tour voué à un autre usage.

Depuis longtemps, chaque village n'a plus, pour son usage exclusif, son curé afin de veiller à remettre sur le droit chemin les ouailles égarées et depuis la guerre, toutes les cérémonies qui émaillaient, avant celle-ci, la vie du village ont peu à peu disparues, leur souvenir n'étant plus désormais que du folklore.

Au début du siècle dernier, la vie du village était en grande partie réglée par l'église et le curé ; ce dernier faisait partie des autorités avec le Maire, l'instituteur, le Receveur des postes et le Notaire quand il y en avait un. Tout le monde où presque allait à la messe et les fêtes carillonnées ponctuaient le déroulement de l'année.

Il y avait la « Fête-Dieu » :à chaque carrefour se dressait un reposoir garni de fleurs et tout le monde participait à sa confection. Ce jour-là, ce n'était que processions et cantiques dans les rues et les enfants jetaient des pétales de fleur, pour les gamins que nous étions, c'était beau !...

Il y avait aussi ce qu'on appelait « les Rogations » qui duraient trois jours ; le premier, le curé bénissait les gens, le deuxième la bénédiction était pour les maisons et le troisième, c'était pour les champs et les récoltes, ceci toujours avec processions et cantiques.

À cette époque, le curé fustigeait les ivrognes, les divorcés et les concubins. Il fallait bien montrer ce qu'il estimait être le droit chemin et après tout c'était son boulot mais il arrivait qu'il outrepasse ses prérogatives. Lorsqu'un gamin manquait par trop le catéchisme, sachant que certains parents récalcitrants ne lui accorderaient pas grand crédit et risquaient de le mettre à la porte, s'il venait pour s'en plaindre, il préférait aller trouver l'institutrice. Celle-ci, quelque peu illuminée, il faut le dire, ne trouvait rien de mieux que de donner une bonne raclée au récalcitrant devant toute la classe. Il avait tout bonnement oublié les lois de 1901.

De nos jours, chaque village n'a plus son curé. Un prêtre a en charge souvent plus de dix villages dans sa paroisse, il n'y a plus assez de curés.... Et qui va les remplacer ? Les bonnes âmes de la paroisse... .Mais lorsqu'on assiste à des enterrements où, malgré tous leurs efforts, on les voit se débattre avec une liturgie qui n'en est plus une, on n'y comprend plus grand chose !

Curé, c'était peut-être un sacerdoce mais c'était aussi un métier.

Et voilà-t-il pas, qu'il serait question de remettre la messe en latin ? Dans ma jeunesse, cela était dans la normale des choses, nous n'y comprenions rien, mais on récitait en confiance. Alors, maintenant que l'habitude est perdue, bonnes âmes, il va falloir en plus vous mettre à vos leçons de latin avant d'ouvrir vos missels...

Mais quoi qu'il arrive, rien ne sera plus pareil...

Gilbert Parent

Tag(s) : #Les gens

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