M. Raymond Poincaré a présidé dimanche en Meurthe-et-Moselle trois émouvantes manifestations du souvenir.
Arrivé Samedi soir à Nancy il se rendit à la préfecture où il fut l'hôte de M. André Magre.
Dimanche matin, le chef du gouverne ment dépouilla hâtivement son courrier, puis après un déjeuner sommaire, il accorda audience à quelques amis personnels et à de nombreuses personnalités politiques. On vit successivement arriver M. Maurice Barrès, M. Henri Mengin, maire de Nancy; les sénateurs MM. Albert Lebrun, président du Conseil général; Henri Michaut et Louis Michel ; les députés MM. Désiré Ferry, Louis Marin, François de Wendel, Fringant, de Warren; les généraux de Pouydraguin et Pénet, commandant la 20e région et le 20e corps d'année; Léon Durand, qui, aux heures tragiques d'août 1914, apaisa les inquiétudes des populations lorraines en leur donnant l'assurance qu'il défendrait Nancy jusqu'au bout; de Castelnau, le vainqueur glorieux du Grand-Couronné; Colin, commandant la subdivision, plusieurs maires du département, etc...
A 8 h. 45, le cortège officiel part en automobile pour Champenoux.
M. Poincaré arrive à la mairie, où il est reçu par M. Fernel, maire, entouré de son conseil municipal, qui lui souhaite la bienvenue. Deux arcs de triomphe ont été élevés.
M. Poincaré remercie. Après exécution de la Marseille par la musique du 26e régiment d'infanterie et de la Brabançonne par la musique des grenadiers de la Garde belge, le cortège, précédé d'un peloton de gendarmes à cheval, se rend au cimetière.
M. Poincaré remercie. Après exécution de la Marseille par la musique du 26e régiment d'infanterie et de la Brabançonne par la musique des grenadiers de la Garde belge, le cortège, précédé d'un peloton de gendarmes à cheval, se rend au cimetière.
Le village est pavoisé, l'animation est grande car la population des communes environnantes est venue à Champenoux en pèlerinage.
M. Adrien Didion, président du Souvenir français, prend le premier la parole, puis M. Gérard, conseiller communal de Dinant-sur-Meuse, représentant de la délégation belge, dans un discours plein de patriotisme, dit :
— Quant à nous, Belges, qui avons été victimes de la mauvaise foi allemande, étalée avec cynisme par le « chancelier du chiffon de papier », nous ne supporterons pas que l'Allemagne se dérobe aux obligations créées par sa défaite. Vive la France ! Vive Poincaré !
Le président du Conseil dans un magnifique discours évoqua les combats du Grand-Couronné dont il fit un magistral récit.
Ensuite lecture est donné de la citation de Champenoux :
« A été dès le début de la guerre, le théâtre d'une bataille acharnée arrêtant l'ennemi dans son offensive sur Nancy. Toujours à proximité du front pendant la durée des hostilités, a subi de nombreux bombardements qui nécessitèrent en 1918 l'évacuation de ce pays. A bien mérité de la patrie. »
Le président du Conseil avec le cérémonial accoutumé, attache sur un coussin la croix de guerre. La foule acclamé le président du Conseil. M. Poincaré monte en automobile pour se rendre à Toul.
Le cortège présidentiel met une heure à franchir en voiture automobile les 40 kilomètres qui séparent Champenoux de Toul. Dans la traversée rapide de la ville de Nancy, M. Raymond Poincaré est respectueusement salué par la population.
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